A la veille du 140e anniversaire de la Commune de Paris (18 mars-28 mai 1871), deux livres, deux points de vue complémentaires et cependant antagonistes sur ces soixante-douze journées de bonheur fou et de meurtrière répression.
Laure Godineau, universitaire, les embrasse et commémore avec la focale d'une spécialiste, déroulant les tenants et les aboutissants de ce que Karl Marx revisita dans la Guerre civile en France, dont se dispute aujourd'hui encore le cœur sanglant : protestation patriotique, insurrection républicaine ou révolution d'ouvriers et artisans que Friedrich Engels identifiera comme «la dictature du prolétariat». Eloi Valat, peintre et dessinateur, en passe de devenir à La Commune ce que Jacques Tardi est à la boucherie de 14-18, l'étreint et la célèbre dans un zoom vertigineux, un «tombeau» à l'auteur de la trilogie Jacques Vingtras (l'Enfant, le Bachelier, l'Insurgé), au fondateur du journal le Cri du peuple, à l'élu de la Commune et son représentant.
On saura gré à la première d'une contextualisation rigoureuse qui s'entame à la veille de la guerre de 1870 pour s'achever avec l'amnistie de 1880, et à son éditeur Parigramme d'une iconographie heureusement précise et, en la matière, quasiment exhaustive. Sur la trame définitive de l'Histoire de la Commune de 1871 de Lissagaray, l'historienne tisse une mise à distance d'un événement qui ne laisse pourtant pas de l'écraser. Comment interpréter autr




