Mardi 4 janvier. Le téléphone sonne au domicile d’Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture.Il est 19 h 30. Au dehors, le grondement de la circulation automobile.
- All…
- Tu as vu le bordel que tu as foutu ?!
- …llô ? Bonjour Patrick. Oui je vais bien, et toi ?
- Tu me fais passer pour un con !
- C’est largement au-dessus de mes moyens, Patrick. Comment aurais-je pu me rendre coupable d’une telle ignominie ?
- Je parle de la bio de Charles Hemingway, crétin !
- Moi, c’est Olivier, et lui, c’était Ernest, je crois.
- Je m’en fous ! Tu as complètement salopé le boulot, comment as-tu pu me faire une chose pareille, Olivier ? 95 000 euros, ce n’était pas suffisant ?
- Ecoute Patrick, j'ai beau ne pas dormir beaucoup, avaler des flacons d'amphétamines, écrire des deux mains et parfois même des pieds, mais là, tu as mis la barre un peu haut : six mois pour faire un livre sur les navigateurs solitaires, réunir une anthologie de la poésie russe, rewriter ton roman et écrire une bio d'Hemingway, c'était court. Disons qu'il a dû me manquer une heure ou deux pour faire le boulot correctement. Et puis France Culture, ce n'était pas prévu, ça me bouffe du temps. Il faut faire des risettes à plein de gens et écouter tous les matins Les nouveaux chemins de la connaissance, c'est exténuant.
- Qu’est-ce que je vais pouvoir raconter maintenant ? Elles vont me faire la peau, toutes ces hyènes qui me courent après, tu le sais ça ?
- Patrick, tu n’as qu’à dire que l’éditeur a imprimé un




