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Libération
Critique

Vie en exil de «Mon oncle Napoléon»

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Le roman culte d’Iradj Pezechkzad

Publié le 20/01/2011 à 0h00

Iradj Pezechkzad habite un petit appartement clair dans le fin fond du XVe arrondissement de Paris. Dans le salon, des livres en persan et en français, des numéros de la revue l'Histoire et un ordinateur. Sur le sol, un tapis, persan sans doute. Moustache et cheveux de neige, il porte jean, veste en tweed et un pull en V du même bleu que ses yeux. Il est pétillant, loquace et d'une délicieuse affabilité. Bien sûr, ses voisins savent que ce monsieur de 82 ans est iranien, ça fait quand même plus de trente ans qu'il habite le quartier. En revanche, aucun ne sait qu'il est l'auteur de Mon oncle Napoléon, le plus grand succès littéraire du XXe siècle dans son pays. Paru en 1973, ce livre qui est devenu un classique de la littérature iranienne vient d'être traduit en français.

C'est un roman étonnant, leste et joyeux, une satire familiale et sociale qui se passe dans le Téhéran des années 40 et évoque les angoisses et prétentions d'une famille plus ou moins aristocratique menacée par la modernité, le tout dans une ambiance de sexualité un peu paillarde et de chamailleries espiègles et bruyantes. Le ton évoque la commedia dell'arte, Molière et Wodehouse, il a aussi quelque chose de l'innocence et de la gaieté de R.K. Narayan.

Toute l’action se passe dans un grand jardin où quatre maisons abritent une immense famille, oncles, tantes, cousins et serviteurs, et où se croisent voisins, cireur de chaussures, médecin, et autres petits comme

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