Cet ouvrage, foisonnant et polémique, accuse la société (les historiens et les féministes en particulier) de taire la violence des femmes, éternelles victimes face aux méchants hommes. A preuve : le déséquilibre numérique entre les travaux sur les violences faites aux femmes et ceux sur les violences des femmes, et l’absence de campagne et de lieux d’accueil pour les hommes battus. Ce dimorphisme ne proviendrait ni d’une sexuation de la violence ni d’un déséquilibre quantitatif entre ses acteurs-trices, expression d’un rapport différentiel à la violence, quelle que soit la forme prise (verbale, psychologique, physique), quel que soit le champ de son expression (social, politique, religieux, moral). Cette sexuation de la violence résulterait d’un tabou social.
Crime. Alors que Regina s'attend à voir traiter son livre de misogyne, il le qualifie de féministe, car favorisant l'égalité des sexes : refuser d'admettre la violence des femmes, nier que cette potentialité est également partagée par l'humanité, établir une hiérarchie des violences en fonction des sexes, n'identifier dans les figures de femmes violentes que des cas singuliers, c'est perpétuer l'inégalité de genre. Dès lors, l'auteur s'applique à prouver que de tout temps, mythiques ou réels, et en tous lieux, les femmes ont été violentes, ce qui n'est guère surprenant. Le traitement de leurs crimes par une justice indulgente face au «sexe faible», la pathologisation de leurs actes, leur victimisation so




