«Pourquoi les disparus ne reviendraient-ils pas puisque nous les attendons ?» Dans quel au-delà se sont-ils évanouis ? Comment un laïc peut-il se réapproprier ces territoires si religieux ? Ce sont ces questions que Jérôme Prieur explore dans un petit livre blanc, Rendez-vous dans une autre vie.
Coauteur avec Gérard Mordillat des séries documentaires sur l'origine du christianisme, Corpus Christi, l'auteur, parti sur les traces de Wilhem Jensen et de sa Gradiva, emmène le lecteur dans des lieux hantés que sont les ruines (Petra, Deir el-Medineh), une cité pétrifiée (Pompéi), les musées, ou parmi les corps momifiés des catacombes de Palerme, les collections d'écorchés, les gisants de pierre ou les mannequins royaux de Westminster. C'est justement ce chapitre, «la Boutique de fantômes» qui est à l'origine d'«Un monde intermédiaire», texte inédit qui sera mis en lecture ce dimanche au Centre Pompidou, dans le cadre du Nouveau Festival (Libération du 16 février).
Le cinéaste n'oublie pas les balbutiements du 7e Art dans une évocation de l'Exposition universelle de 1900 à Paris, il sonde les images de nos ancêtres «qui nous laissent croire que nous sommes devenus presque immortels, nous qui les regardons tournoyer à l'aveugle, nous qui savons qu'ils dansent sur un volcan», et demande qui «chantera dans l'un des trains qui partira de la gare de l'Est en août 1914 ?».
Et attendant une autre vie, rendez-vous à Be




