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Libération

Tintin en Amérique

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Publié le 31/03/2011 à 0h00

La Californie a du mal à se remettre du passage de Frédéric Mitterrand. Les cinq jours que le ministre de la Culture, de la Communication et de la Grande Déconnade a passés là-bas, mi-mars, pour prêcher «l'Internet civilisé» aux peuplades locales, ont eu l'effet d'une tornade. Aujourd'hui encore, les agents du FBI continuent de soulever chaque pierre entre Los Angeles et San Francisco pour s'assurer que le civilisateur français n'a rien laissé sur place de plus dangereux que des discours.

Parlant devant une assemblée sidérée à l'université de Stanford, au cœur de la Silicon Valley, le ministre a résumé son expédition en cinq mots : «Tintin au pays des iPad». L'an dernier, au Salon du livre, Frédéric Mitterrand avait usé d'une autre image : «Au gouvernement, je me situe entre Bécassine et Babar, avec un peu de Marsupilami.» Une fois par an, le neveu se compare à un personnage de bande dessinée. Manque de chance, il a fallu cette année que ça tombe à l'étranger, où la réputation de la France n'est déjà pas formidable. Le service d'ordre de l'université a évacué l'évangélisateur tintinoforme avec politesse et fermeté. Les contrôles à l'entrée du campus ont depuis été nettement renforcés, et le département de littérature française a été fermé.

Mitterrand était venu «dialoguer avec les géants de l'Internet». Selon nos sources, un émissaire d'Amazon s'est pointé à la Résidence de France, sur Jackson Street à San Francisco, et a déclaré sans rire au réc

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