En 2003, quand Pierre-Henri Pappalardo revient à Alger, quarante et un ans après le départ forcé de 1962, le policier algérien à l'aéroport lui lâche : «Bienvenue chez vous !» Le pied-noir de Marseille est estomaqué. «J'ai le vertige. Que me raconte ce mec ? Se fout-il de moi ?» Non. «L'Algérie est heureuse de voir revenir ses enfants», ajoute le flic. De retour au pays, Pappalardo, parti à 14 ans pour la France, prend tout en pleine poire : le goût du «persil arabe» dans la chorba, les crevettes à la Madrague, les rougets grillés et la purée de piment, le bonheur fugace de tourner dans Bab-el-Oued… Les «patosses» (Français de France) ne peuvent pas comprendre. Et surtout, il y a l'énorme accueil des Algériens et des autorités, trop heureux de cette manne touristique et de montrer qu'à Alger, on reçoit mieux les pieds-noirs que les Algériens en France.
Après ce premier voyage, Pappalardo en organise d'autres, via son association France-Maghreb, pour offrir les mêmes retours en terre natale. Au départ de Marseille, son pote Salah accueille, rigolard, les pieds-noirs à bord d'«Air Couscous» (Air Algérie) : «Tenez-vous bien, on va essayer de décoller. L'équipage est algérien, les pilotes aussi. Fallait pas partir et nous laisser nous débrouiller.» Arrivé à destination, Pappalardo leur lâche : «Mettez les mains dans Alger. Retrouvez votre ville !» Et il commente : «C'est maintenant qu'ils sont rapatriés, les pieds




