«Au nom de quoi, alors que tout va de mieux en mieux, devrions-nous nous attendre à ce que tout aille de plus en plus mal ?» C'est en exhumant la perplexité toute britannique du poète et historien Thomas Babington Macaulay (1800-1859) que le politologue Bruno Tertrais lance à la fois un appel à la raison, une supplique à la modération et une invitation à la sérénité pour regarder et profiter du monde tel qu'il est. Sans angélisme, mais surtout sans catastrophisme. «La planète et l'humanité vont bien mieux qu'on ne le croit ; l'avenir est beaucoup moins sombre qu'on ne le dit» : c'est cette vérité malmenée par l'époque que le chercheur veut démontrer en (presque) tous domaines.
Le monde occidental - et la France n'est pas épargnée - vit sous l'emprise d'une drogue dure, selon Tertrais : la peur de l'avenir, du déclin, des épidémies, de l'épuisement des ressources, du chaos climatique, du nucléaire, des OGM, de l'islamisme, des vagues migratoires… Nos sociétés carburent à l'anxiété. Le danger est partout. Des chaînes d'information en ont même fait leur business model. Sur tous les continents, des dirigeants, des Etats font de ces peurs, de leur orchestration et de leur gestion, une politique souvent plus dangereuse que le mal qu'elle prétend traiter. Le catastrophisme marche à l'amble avec le cynisme, le populisme et l'autoritarisme.
«Le doute sur l'avenir du monde a déjà une longue histoire, observe l'auteur, et on peut dater sa montée en




