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Libération

«Dans deux ans, la fin de l’euro»

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Publié le 25/06/2011 à 0h00

Rien ne vaut de remonter à la source. Marine Le Pen prétend avoir donné au Front national un socle d’idées puisées dans les travaux des meilleurs économistes de France. Tout à sa quête de respectabilité, elle prend désormais un malin plaisir à citer à l’appui de son propos quelques grands noms et références venus tout droit de l’université ou de la recherche. Cette petite entreprise de captation scientifique ne connaît pas d’œillères : Emmanuel Todd, Thomas Piketty, Jacques Sapir, ou même le Nobel américain Joseph Stiglitz, tous classés à gauche, en ont fait la fâcheuse expérience après Christian Saint-Etienne ou Jean-Luc Gréau, plus au centre, et Alain Cotta, davantage complice et franchement à droite.

Professeur des Universités et ancien membre du conseil d'analyse économique du Premier ministre, créateur du Master of Business Administration à Sciences-Po, Jean-Jacques Rosa vient en tête du bréviaire lepéniste - et on comprend pourquoi. Le moindre des propos de cet économiste libéral, ennemi fondamental de l'Etat, est reproduit à l'infini sur les blogs du Front national. Et pour cause, Rosa annonce qu'une «guerre de sécession a commencé» et qu'elle ne prendra fin qu'avec «la dissolution de l'euro».

Dans un petit livre violemment efficace, cet économiste joue les prophètes, et fait d'abord le récit du «désastre» qui vient. Sur l'analyse des difficultés de pilotage de la zone euro, tout est dit et plutôt bien dit : plus de dix ans après son lancement

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