Menu
Libération
Critique

Roman. De l’humanitaire dans le polar

Réservé aux abonnés

Publié le 25/06/2011 à 0h00

L'humanitaire mène à tout, notamment à l'écriture. A la manière d'un Jean-Christophe Rufin, qui décrivait de l'intérieur les maquis islamistes du Sahel dans Katiba, l'ancien directeur de Médecins du monde, Pierre Micheletti, s'inspire librement de la rocambolesque affaire de l'Arche de Zoé au Tchad pour évoquer les dérives de certaines ONG, aveuglées par la toute-puissance du droit d'ingérence.

Fin 2008, une «bande de zozos», comme les avait qualifiés alors le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, avait tenté d'envoyer clandestinement en France des «orphelins» du Darfour, en fait des enfants de familles tchadiennes. L'opération avait été bloquée au dernier moment par les autorités de N'Djaména, et le groupe, emmené par Eric Breteau, avait eu droit à un procès au Tchad, avant d'être exfiltré vers la France sur intervention de Nicolas Sarkozy.

Ici, l’histoire se termine beaucoup moins bien. A tout point de vue. L’ONG La Citadelle réussit son coup, les familles du Darfour, furieuses, crient vengeance. Farid, l’un des pères trompés, décide de kidnapper un médecin français, qui n’a rien à voir avec toute cette affaire, pour l’échanger contre les enfants enlevés. Les commandos français sont mobilisés pour le libérer coûte que coûte…

Ce polar humanitaire est aussi matière à réflexion sur le devenir du droit d’ingérence, qui apparaît ici comme une créature monstrueuse ayant échappé à ses concepteurs.

A l'autre extrémité, les populations voient de plus en p

Dans la même rubrique