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Critique

Les loups dans la gueule de l’homme

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De l’Antiquité à nos jours, Jean-Marc Moriceau raconte deux millénaires de conflit entre les deux espèces.

Publié le 09/07/2011 à 0h00

Symbole peu enviable de la méchanceté et de la férocité, le loup hante depuis longtemps l’imaginaire des hommes. Il est le seul grand prédateur carnivore dont les sociétés européennes ont dû se protéger. Il est vrai qu’avec sa forte mâchoire, dont la puissance est deux fois celle d’un gros chien, et son appétit insatiable, il est un danger redoutable pour les troupeaux, mais aussi pour les enfants à qui, bien souvent, était confiée la garde du bétail.

Si l'Antiquité classique le présente comme un ennemi majeur, il est également associé à d'heureuses légendes comme la louve de la fondation de Rome. Au Moyen Age, en revanche, son image se ternit fortement car les treize occurrences du loup dans la Bible font de lui un ennemi de la chrétienté. «Dans la vision anthropocentrique que les clercs mettent en place, le loup est désormais assimilé au diable qui tente d'attirer à lui les âmes chrétiennes. Il devient l'antithèse du chien dans l'imagerie pastorale du troupeau de brebis fidèles au Christ.» Très tôt, dès le Ve siècle chez les Burgondes, les Saxons ou les Wisigoths, une législation antiloup se met en place contre ce fléau de Dieu.

Ce n'est cependant qu'à partir du XIIIe siècle que la lutte collective s'organise, que les premières primes à la destruction apparaissent. La population s'est alors beaucoup densifiée dans les campagnes et les contacts périlleux avec le loup se multiplient. La position de la France comme point ultime de l'Eurasie avant

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