«Tu devrais étayer, Henri…» On imagine le sourire amusé de Marcel Gauchet quand Henri Weber a lancé devant le philosophe que «la social-démocratie du XXIe siècle sera internationaliste, européenne, écologiste et féministe». Tant d'assurance semblait surtout tenir de la profession de foi ou d'une candeur qui n'est pas franchement la marque de fabrique de l'auteur. Piqué au vif, Henri Weber lui a répondu avec un livre, la Nouvelle Frontière. Auteur en quatre décennies d'une douzaine d'ouvrages sur la gauche, il n'a cessé d'ausculter son sujet, de chercher sa trace dans l'histoire, de suivre ses métamorphoses à l'épreuve du pouvoir dans les grands et petits pays du continent européen. Toujours pour tenter d'éclairer et d'aiguillonner l'avenir.
Passé de l’extrême gauche au Parti socialiste, Henri Weber croit d’abord qu’on change le monde avec des idées, que le combat idéologique est le nerf de la guerre et qu’en ces temps tourmentés, il serait bon que les prétendants à la charge suprême s’arment enfin d’une doctrine solide et adaptée aux rapports de force et aux exigences d’un monde nouveau. Il rappelle ainsi que le cycle de la contre-réforme libérale amorcée aux Etats-Unis dans les années 80 a été précédé par un puissant travail intellectuel et un formidable effort de préparation idéologique de l’opinion. Cette révolution-là a eu ses intellectuels organiques et ses Prix Nobel, de Friedrich Hayek à Milton Friedman.
Alors qu'un nouveau cycle po




