«Universités populaires»,«festivals de philo»,«séminaires de village» «sociétés savantes»… Ce philosophe-là travaille dans la chaleur de l'agora. Il pratique la confrontation et l'écoute flottante pour chercher le sens de ces révolutions invisibles qui bouleversent notre quotidien. Depuis plusieurs années, Pierre-Henri Tavoillot dessine les contours d'«une philosophe des âges de la vie», titre d'une somme impressionnante, publiée avec Eric Deschavanne (Grasset, 2007). Il reprend le fil de sa réflexion, avec ce titre amusé, Les femmes sont des adultes comme les autres, un ouvrage serré et lumineux pour décrypter le brouillage général des âges, dans une société qui, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, entremêle quatre générations. En un siècle, la terre s'est comme élargie sous nos pieds. Et pas simplement à cause de l'allongement de la durée de la vie.
En 1894, un grand républicain, Léon Bourgeois ne doutait de rien, répondant ainsi à la question «qu'est-ce qu'un adulte ?» : «C'est un père de famille, un soldat, un citoyen.» Il manquait quelqu'un dans cette triple figure : la femme ! En quelques décennies, rappelle Tavoillot, la place de la femme a davantage changé qu'au cours de tous les millénaires antérieurs.
Dépassant la nouvelle querelle des «genres» qui agite ces jours-ci notre landerneau intellectuel, l'auteur ne croit ni à la disparition des sexes ni à leur guerre sans merci, mais à




