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Critique

Le mâle est fait

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«Histoire de la virilité» ou vingt-cinq siècles de domination masculine

Publié le 13/10/2011 à 0h00

La virilité n'existe pas. Pure invention. Il a fallu que j'arrive à la fin des 1 500 pages de cette très savante somme d'études historiques, que je souffre sous les Grecs, les Spartes et les Romains, traverse sans joie la féodalité et la Renaissance, éprouve quelque espoir avec le réveil des Lumières et de la Révolution française, constate les grandes catastrophes des deux guerres mondiales, pour atteindre, vingt-cinq siècles plus tard, une sorte de happy end : la virilité tant vénérée, toujours incontestée, valeur écrasante pendant ces millénaires, commence à se dégonfler. En quelques décennies. L'étonnant, c'est que cette croyance en la virilité ait été aussi inébranlable.

La virilité n'existe pas. C'est un mythe dont on suit les évolutions à travers les trois tomes de cette Histoire de la virilité. Il change à travers les époques, mais sert toujours de machine dominatrice à tous les âges de la civilisation occidentale. Pour dominer les femmes, bien sûr, mais aussi les «ennemis», les exclus, les différents, les esclaves, les hérétiques, les colonisés…

La virilité n'existe pas ? Et l'anatomie ? vont-ils dire tout de suite. La masculinité, la morphologie, le pénis, ça n'existe pas ? Et c'est là le piège universel qui a construit un échafaudage intitulé «virilité» sur ce qui était «simplement» masculinité. Caractéristiques physiques différentes, bien sûr, de la morphologie des femmes. Mais, pour faire de l'être masculin un être supérieur, l'h

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