Bien qu'il ait été écrit en français, Ce que la Chine nous a appris, livre de l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, n'est publié qu'en chinois. Il mérite qu'on s'y attarde, car il y a peu de chances que ce petit volume révérencieux soit un jour traduit dans sa langue d'origine, et il serait dommage de s'en priver. La ligne générale est apparente dès les premières pages. «Je me souviens d'avoir lu d'exquis alexandrins dans le recueil de poèmes écrit par l'ancien ministre des Affaires étrangères Li Zhaoxing intitulé Ecrits à ma chère patrie et à mes amis. Les leaders chinois ont toujours pléthore de talents, et leur culture est extrêmement profonde.» «Les dirigeants chinois sont tous d'une grande qualité», lit-on plus loin.
Jean-Pierre Raffarin a effectué de nombreux voyages, généralement très courts, dans ce pays qui le fascine. Il a fait son premier périple dans une délégation de jeunes giscardiens, en compagnie des fils de Valéry Giscard d’Estaing, Henri et Nicolas.
«Similitudes». C'était en 1976, quelques mois avant la mort de Mao Zedong (Giscard qualifia alors le Timonier, dans une épitaphe fougueuse, de «phare de la pensée humaine»). Raffarin, dont la démarche est adroitement diplomatique, s'attache à souligner les «similitudes» entre la Chine et la France. L'Ecole du parti (qui forme les fonctionnaires chinois) est ainsi «l'ENA de la Chine». Ses comparaisons sont souvent assez partiales.




