C'est l'histoire d'un des plus graves fiascos de ces dernières années, raconté avec le sourire, et l'insolence parfois, de quelqu'un qui aime poser des questions. Sous le titre American Ecolo, Hélène Crié-Wiesner a rassemblé le meilleur de dix ans de chroniques sur les Américains et l'écologie. Elle nous invite au coin du barbecue ou du frigo de ses parents du Nebraska, et peu à peu rend visible… ce qui aurait pu être : comment la formidable «poussée de chlorophylle» de la fin des années Bush n'a pas mené à grand-chose sous Obama.
L'auteure, il faut le dire, ne nous est pas totalement inconnue. Hélène a travaillé dix-huit ans à Libération, elle est maintenant notre «voisine», installée en Caroline du Nord, ce qui n'est qu'à cinq heures de route de Washington : un rien pour les «voitures camions», comme elle appelle les monstres roulants, toujours nombreux sur les routes américaines.
Au début de l'ère Obama, une fièvre verte semble prête à révolutionner le pays : en 2008-2010, même le tourisme, le romantisme ou… les funérailles se mettent à l'écologie. C'est le temps du green dating, l'art de trouver un compagnon écologiquement compatible, des cercueils biodégradables, ou même du combat de quelques ultras pour étendre le linge dans leur jardin (plutôt que le faire tourner dans un séchoir). Mais l'engouement n'a pas duré : les espoirs verts soulevés par Obama sont vite retombés, décrit l'auteure, laissant place aux discours du Tea Par




