«Le journalisme, affirmait Hubert Beuve-Méry, c'est le contact et la distance.» Un travail opiniâtre du «terrain», doublé de la capacité à s'en extraire pour s'en libérer, le comprendre et le partager. Cette conception rugueuse du métier, Anne Nivat en a fait son quotidien singulier de reporter. Depuis quinze ans, elle arpente seule et sans protection les théâtres d'opération les plus dangereux, où une petite poignée de journalistes s'autorise encore quelques incursions furtives. De la Tchétchénie à l'Irak, en passant par l'Afghanistan, au cœur des sales guerres oubliées, trop étrangères ou désespérées pour sembler mériter un autre sort. Nivat raconte ses dernières «missions» en terre afghane, dix ans après l'engagement des Occidentaux et la chute des talibans. Un long récit à la première personne, mais sans jamais surjouer les aléas du métier. Dissimulée sous un «châdri», vêtement qui ne laisse pas même apparaître les traits du visage, la reporter sillonne le pays, observe, parvient à briser quelques résistances et à délier les langues. Elle retrouve aussi d'anciennes connaissances, croisées lors de précédents séjours, qu'elle visite toujours à l'improviste. Un recteur d'université, un gouverneur, des fonctionnaires, des enseignants, un ancien ministre ou des employés d'ONG livrent tour à tour leur témoignage, leurs tourments, leurs doutes et leurs petites victoires quotidiennes pour survivre dans ce grand désordre. Un ancien réparateur de vélo l
Profession grand reporter
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Publié le 12/11/2011 à 0h00
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