Jamais la période n'a été aussi propice aux ouvrages traitant du nucléaire. Nombre d'entre eux se présentent comme des argumentaires en faveur ou en défaveur de cette énergie. Pas les Irradiés de Béryl, qui raconte un pan oublié de l'histoire militaire française. Ingénieur chimiste, Louis Bulidon est un personnage connu des amateurs d'économie boursière. Défenseur des petits actionnaires, il s'est distingué dans la sphère médiatique en intervenant systématiquement dans les assemblées générales des grands groupes. Le voilà dans un tout autre rôle, celui de témoin et de passeur. Il raconte, dans un ouvrage modeste, son séjour en Algérie, dans le Hoggar, comme appelé du contingent entre décembre 1961 et juillet 1962.
La France utilise alors le désert algérien comme arrière-cour pour mener ses exercices atomiques. C'est là-bas, entre novembre 1961 et décembre 1965, que seront réalisés treize tirs, tous affublés de noms de pierres précieuses - Tourmaline, Topaze, Agate… - dans des galeries creusées sous la montagne du Tan Affela. Un tir a marqué l'histoire, et la mémoire de Louis Bulidon à jamais, celui du 1er mai 1962: le tir Béryl, réalisé en présence de deux ministres, Pierre Messmer et Gaston Palewski. C'est bien simple, il a complètement foiré. En théorie, la montagne devait confiner les particules radioactives, mais à force de servir de coffre à explosions, elle s'est fissurée et a laissé s'échapper un nuage contaminé. Après l'explosion, panique dans la t




