Au premier regard, c’est un livre qu’on tient à distance, tant il semble flatter une thèse de l’air du temps, volontiers complotiste et paranoïaque, celle d’une France prise dans un filet de forces obscures, de connivences occultes et de sociétés secrètes. Une poignée de castes oligarchiques si bien infiltrées et si puissantes qu’année après année elles tireraient tous les fils d’un pouvoir déliquescent. Comme si la scène démocratique n’était plus qu’un théâtre d’illusions, destiné à protéger de vrais acteurs de l’ombre, une lignée de francs-maçons, d’officines de communication et de bureaucrates bruxellois.
Mais le dernier ouvrage de Vincent Nouzille, journaliste du secret, ne tombe pas dans cette caricature populiste assenée à la une des hebdomadaires. Dans la République du copinage, l'auteur peint d'abord une grande fresque des influences, multiples, contradictoires, concurrentes, informelles ou revendiquées, qui s'affirment ou s'affrontent pour défendre leurs idées (souvent) et leurs intérêts (toujours).
La thèse de Nouzille, c'est que ces jeux de pouvoir ont «changé d'échelle» sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Dans un effet de rattrapage d'abord, indépendamment du Président, et sur un mode culturel très anglo-saxon. Pour exister, se faire entendre, peser sur les mentalités ou sur les décisions, rien ne vaut de se regrouper en un club, une fondation ou une association. Le nombre de réseaux de femmes a ainsi doublé en quatre ans et dépasserait au




