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Libération
Critique

Paris sur les décombres

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Opérations immobilières et démolitions volontaires prises sur le vif depuis le XVIIIe siècle

Publié le 15/12/2011 à 0h00

Les livres sur le vieux Paris incitent souvent à se livrer au jeu du «avant-après». A superposer les images successives dans le temps des rues d’une capitale dont la modification s’est accélérée à partir de la Révolution. Architecte et historien, Pierre Pinon s’est, au contraire, attaché au moment particulier des démolitions. S’appuyant sur une riche iconographie (photos, peintures, gravures), il montre des artères éventrées, des immeubles sans façade, des montagnes de gravats, des ouvriers la pioche dressée vers le ciel ou appuyés sur une pelle, et beaucoup de badauds.

Relativement peu touchée par les destructions des guerres (hormis celles de la Commune avec les incendies de l’Hôtel de ville et du palais des Tuileries), Paris s’est surtout transformé au cours de grandes opérations de lotissement sur les terrains des couvents et des hôtels particuliers, ou sur l’emplacement d’une multitude d’églises transformées par les sans-culottes en théâtres, entrepôts de cloches, de tonneaux, de fourrage…

Pour Pierre Pinon, «le premier agent destructeur» est «la spéculation foncière et immobilière, plus ou moins alliée à la volonté de moderniser ou de rationaliser». Avec, en point d'orgue, les grands travaux du baron Haussmann et ses 70 percements de rues, qui ont fait disparaître des îlots entiers d'habitations.

L’auteur explique, au cours d’une progression chronologique, comment le concept de sauvegarde du patrimoine s’est peu à peu consolidé, seul rempart contre les a

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