Il a dynamité la très sage sélection du grand prix Michelin attribué à Clermont-Ferrand fin novembre dans le cadre du Festival du carnet de voyage. En concurrence avec les classiques réalisations de Stefano Favarelli, Sophie Ladame ou Joël Alessandra, son Chúc Súc Khóe, mélange de BD, esquisses et caricatures de son périple en Asie, s'est imposé par sa différence et a remporté le premier prix. «Je ne lis pas trop de carnets de voyage, reconnaît Benoît Guillaume en riant, je ne suis même pas parti avec l'idée d'un livre. J'ai juste dessiné beaucoup, comme d'habitude.»
Chúc Súc Khóe n'a en effet rien du «beau livre» classique. L'ouvrage commence d'ailleurs avec de petits personnages - l'auteur et sa copine - racontant leurs préparatifs, les conseils des amis, l'achat des guides… avec, en conclusion, cette remarque : «J'espère seulement qu'on ne va pas être des touristes débiles.» Et bien raté, et c'est ce qui fait le charme de ce recueil. Benoît Guillaume ne triche pas : pas de nuée de papillons ou d'oiseaux prenant leur envol sur des couchers de soleil en technicolor ou de face à face hors du temps avec quelque grand fauve au fond de la jungle (qu'on en juge avec ce dialogue : «C'est un singe ?» «Ah oui, une boule de poils, je la vois.» «Ça bouge à peine.» «Un truc genre mammifère.» «Je sais pas s'ils ont des paresseux ici…»). Mais les mille et un détails du quotidien d'un routard avec ses déceptions, ses attentes, ses hôte




