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Critique

La Terre dans ses murs

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L’homme a toujours érigé des enceintes. Des vestiges des guerres passées aux barrières électrifiées des nouveaux conflits, l’historien Claude Quétel s’aventure aux confins de ces lignes de démarcation.

Publié le 21/01/2012 à 0h00

Il y a le plus ancien : la grande muraille de Chine, sa bravitude et ses 50 000 kilomètres cumulés, dont les premières pierres furent posées au VIIe siècle avant Jésus-Christ et le dernier moellon au XVIIe siècle, soit plus de deux mille ans plus tard. Il y a le mur de l'Atlantique, son béton et ses Panzers, et le rideau de fer, qui coupa l'Europe en deux pendant près d'un demi-siècle. Il y a le mur de sable au Sahara, la frontière minée entre les deux Corées, la ligne verte de Chypre, le mur antiterroriste qui balafre la Cisjordanie ou encore la tortilla border anti-immigrés entre le Mexique et les Etats-Unis… De l'empereur Hadrien à nos jours, l'histoire humaine peut se lire à travers ces clôtures de pierres ou de terre élevées par les hommes pour se protéger ou enfermer. Des édifices plus politiques que militaires, comme l'explique Claude Quétel, historien et directeur de recherches au CNRS, auteur d'un passionnant tour d'horizon des murs à travers les âges et les civilisations.

Ancien directeur du Mémorial de Caen, ce truculent conteur de 72 ans a parcouru le monde pour enrichir son musée de pièces rares témoignant de la guerre froide. Et pas n’importe lesquelles ! Un missile balistique intercontinental, un Mig 21 (chasseur soviétique) en état de marche, une batterie d’orgues de Staline avec ses seize fusées non démilitarisées, plus une petite bombe atomique ramenée des Etats-Unis dans ses bagages. Seul échec à son actif, le téléphone rouge

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