Il faut imaginer Sisyphe heureux, a dit Camus, ou un truc comme ça. On revient donc pour la quatrième fois en ces pages sur Turunen, génie méconnu de la BD finlandaise. Jusque-là, les albums de Turunen, c'était pas à se rouler par terre de rire. En 2005, on écrivait à son sujet : «Notre monde est noir, seul un halo lumineux détoure parfois nos gestes et l'air est épais entre nous, infranchissable.» En 2006 on décrivait ses héros récurrents : «un fœtus autofictif nommé Intrus et une belle grande fille (malheureusement harnachée d'une sorte de masque antiatomique) répondant au rugueux nom de R-raparegar». Et en 2010, on présentait De la viande de chien au kilo en vidéo sur Libe.fr, se disant qu'avec les images, ça passerait peut-être mieux.
Les héros de Turunen n'ont pas changé. Il y a toujours lui-même en nain de l'espace (Intrus), maqué avec une grande fille inquiétante (R-raparegar). Mais leurs aventures sont devenues hilarantes. Ovnis à Lahti rassemble quatre numéros d'un zine consacré aux «humanoïdes, disco, vie domestique, nosomanie» mais aussi au «sexe» et à la «guérison par la foi», avec, à la fin de chaque numéro, un questionnaire sur les soucoupes volantes et des témoignages délirants (où une paire d'amygdales se promène d'un récit à l'autre).
Hypocondriaque. De nouveaux personnages apparaissent comme le Docteur Malétrange, sorte de momie capable de débiter des discours hypocondriaques avec




