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Libération
Critique

Casablanca, pas si blanche

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Avec ses Polaroid aux couleurs transparentes, Marco Barbon donne vie à la capitale économique du Maroc.

Publié le 04/02/2012 à 0h00

«Une nuance parmi les nuances», précise Marco Barbon dans la préface de Casablanca, soulignant son trouble face à la complexité de la capitale économique du Maroc. Comme pour son précédent livre, Asmara Dream (2009), le photographe italien, installé à Paris, n'a pas cherché à «restituer la totalité du lieu», préférant en saisir la saveur silencieuse et savoureuse.

L’air du large, d’abord, de la plage d’Aïn Diab, puisque c’est ainsi que Casa lui apparut, côté mer, route de la corniche. Des baigneurs minuscules parsemés sur le sable comme des figurines de baby-foot. Ensuite, dans le désordre de la découverte, la place des Nations-Unies, le cinéma Rialto, le passage Mediouna, l’immeuble Marignan, le café Excelsior, la cité Guerrero… Et, bien sûr, la médina, à l’ombre des palmiers, juste avant le port de pêche que Marco Barbon synthétise en une seule photographie : un homme, de dos et des bateaux alignés, forêt de mâts et de cordages.

Il y a toujours chez Barbon, pour qui connaît la fièvre permanente de Casablanca, cette idée de trouver une oasis géométrique avec le Polaroid. Il donne l’impression d’esquisser mentalement chaque lieu croisé dans un désir de solitude peut-être, voire d’intimité. En jouant avec ce format proche du carré qui aide à cerner et à stabiliser la rêverie telle la flamme d’une bougie.

En écho à ce travail réservé, aux teintes nuageuses (1), le livre accueille un texte de Souad Bahéchar, vif et très attachant, sur Casablanca

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