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Critique

Cette année-là, le monde bouge

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1962 signe la fin de la guerre d’Algérie. Roissy, RER, Eddy, Johnny… les projets fleurissent et la jeunesse s’éclate.

Publié le 18/02/2012 à 0h00

Jeunes gens qui déprimez dans la France d'aujourd'hui, à l'avenir inquiétant et à l'horizon brouillardeux, faites-vous une cure d'optimisme en plongeant dans l'année 1962. Et vous, baby-boomeurs nostalgiques, revisitez votre enfance, votre premier disque d'Elvis, votre premier slow avec Françoise Hardy sur Tous les garçons et les filles… fêtant la fin de la guerre d'Algérie que vos grands frères n'iraient plus faire, la dernière sale guerre coloniale (30 000 morts français, 300 000 côté algérien), quand le service militaire était encore obligatoire.

1962, une «année prodigieuse», écrit Bertrand Le Gendre. En tout cas une «année podium», qui a mis sur orbite un nouveau monde. L'année la plus glorieuse des Trente Glorieuses (1946-1975), trente années de croissance et d'expansion économique… Le monde bouge. Vatican II fait évoluer l'Eglise. Kennedy fait reculer les Soviétiques - qui voulaient installer des missiles sous ses fenêtres - à Cuba, et gèle la guerre froide : dorénavant les deux «K», Kennedy et Khrouchtchev, pourront se parler en direct grâce au célèbre téléphone rouge et éviter une guerre nucléaire.

En France, le vénérable général de Gaulle est aux manettes. Il croit en l’Europe, à la réconciliation avec l’ennemi allemand, à la modernité - économique plutôt que culturelle et morale. D’ailleurs, il lance le projet du premier avion supersonique, en partenariat avec les Anglais qu’il déteste : le Concorde. Dans l’euphorie du boom économique, on

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