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Libération

Thermalisme et communication

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Publié le 23/02/2012 à 0h00

Le communiqué de presse est un genre littéraire très codifié. Le ton est celui des légendes arthuriennes, l'adjectif est enveloppant, le verbe positif, la négation rare sauf dans des formules comme «Nulle part auparavant on n'avait lu - ou vu, ou bu- une pareille chose» (le plus souvent, il y avait tout lieu de s'en féliciter). C'est généralement un texte assez court, injecté dans des circuits professionnels et plongeant assez vite dans des corbeilles à papier à l'appétit d'ogre. En conséquence, le communiqué n'atteint que rarement le grand public, lequel ne s'en plaint pas. Dans ce genre méconnu, les œuvres sont légion mais les chefs-d'œuvre rares.

Nous venons de recevoir un joyau non signé, daté du 15 février. Il commence par ce surtitre : «Bagnoles de l’Orne, ville du Livre et de l’Ecrit ?». On sent que l’auteur du texte aimerait y croire, mais qu’en même temps il est bien conscient que son lecteur, lui, ne va jamais le croire. Le point d’interrogation témoigne donc d’un certain dépit ainsi que d’une honnêteté certaine. Si Bagnoles-de-l’Orne était une ville de l’Ecrit avec un E majuscule, l’affaire aurait probablement fini par s’ébruiter. Tout ce que l’on sait aujourd’hui de cette station thermale de Basse-Normandie, c’est qu’elle est en Basse-Normandie, et que c’est une station thermale.

Vient ensuite le titre : «3ème Concours littéraire international». La chose est sérieuse, internationale même, et c'est déjà la troisième édition, signe d'un succès relatif ou d'u

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