Messager et interprète de la parole divine, le prophète tonne et menace du châtiment divin le peuple devenu idolâtre ou le tyran incrédule. Il console et ranime l'espérance du peuple en souffrance. Les «nabi», traduit imparfaitement par «prophètes» dans la version grecque de la Bible, sont des figures centrales de l'Ancien Testament. La parole prophétique continue dans le monde chrétien en rivalité avec celle du prêtre et les dogmes de l'Eglise. Elle annonce la fin des temps dans sa version eschatologique ou les mille ans de paix et de bonheur qui la précèdent selon l'Apocalypse, alimentant hérésies et révoltes pour «de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera».
«Symbolique». A l'époque moderne et contemporaine, cette tradition continue, s'exprimant dans les utopies, religions sécularisées rêvant de l'âge d'or, aboutissement d'une longue et douloureuse rédemption. «La Russie a reçu le communisme pour sa souffrance», écrivait Lénine en 1917. Le prophétisme irrigue l'histoire de l'Occident, mais aussi celle de ses terres de conquêtes, l'Afrique noire ou l'Amérique latine.
«Dans tous les cas de figure et quel qu'ait été leur aboutissement concret, les trois formes principales du prophétisme - l'eschatologie, le millénarisme et l'utopie - sont des constructions culturelles à forte charge symbolique que l'on doit prendre au sérieux dans la mesure où elles illustrent la part de l'imaginaire dans l'histoire des sociétés humain




