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Critique

Ces français nés à la maternité SS

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Elevés dans le cadre du projet nazi, Erwin, Gisèle… témoignent.

Publié le 20/04/2012 à 19h07

ALamorlaye, à 35 kilomètres de Paris dans l’Oise, la maison est intacte : un manoir style anglo-normand qui appartenait à la famille Menier, celle des chocolats. Ironie de l’histoire, elle abrite désormais un centre de rééducation pour enfants paralysés, après avoir été, de février à août 1944, une (l’unique en France) des fameuses maternités SS, voulues par le Reichsführer Heinrich Himmler. Dans un but simple : créer la «race aryenne» la plus parfaite possible, la race supérieure du Reich de mille ans.

Au Lebensborn (fontaine de vie) du Bois-Larris, vingt-trois enfants sont nés, de mère française, hollandaise ou belge. Au centre de l'ouvrage-enquête du journaliste Boris Thiolay, Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits, on trouve les photos de certains d'entre eux : des bébés en noir et blanc, puis des septuagénaires en couleur et au regard sombre. A chacun son histoire, à peine croyable, de nourrisson mis au service de ce projet de reproduction utilitaire d'un idéal aryen, imaginé dès 1935 par le régime nazi.

Il y a quinze jours, lors d'une conférence à Lamorlaye et devant une salle comble, Boris Thiolay est revenu sur le destin de ces «femmes volontaires qui correspondaient aux critères raciaux» exigés par Himmler et ses sbires. Future mère pondeuse, ou guerrier germanique, quel que soit le sexe du nourrisson, souvent placé dans des foyers idéologiquement corrects, il servira le Reich.

Ainsi suit-on l’histoire collective (parfois de façon un peu confuse

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