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Critique

Un dictionnaire. Piqué du vert

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Toutes les symboliques, au fil du temps, de la couleur.

Publié le 11/05/2012 à 20h26

Il est étrange, ce vert, pile au milieu de l'ordre des couleurs établi par Newton au XVIIe siècle, dans sa décomposition de la lumière blanche : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Il a quitté sa place tenue depuis l'Antiquité : près du rouge, couleur du diable et de l'interdit. Le rouge et le vert, presque un camaïeu pour l'homme du Moyen Age, explique la présidente du Centre français de la couleur, Annie Mollard-Desfour, dans son dernier opus. Après avoir disséqué le Bleu, le Rouge, le Rose, le Blanc et le Noir, la linguiste fouine dans la symbolique, les expressions et la résonance de la couleur de l'espérance.

Avec Newton, donc, le vert, couleur de la stigmatisation au Moyen Age (les bouffons ainsi que les éléments cloués au pilori), s’éloigne du rouge et se retrouve complémentaire. Obtenue par mélange, c’est une couleur impure, par opposition au bleu et au jaune. Elle est le symbole du hasard, de la chance ou de la malchance (c’est la couleur maudite des comédiens, celle des tapis de jeu).

La voilà également associée au merveilleux, douée de pouvoirs surnaturels, parfois maléfiques, couleur des êtres nimbés de mystère et dotés de pouvoirs inquiétants : nymphes, sirènes, fées, sorcières, «dames vertes», «petits hommes verts». C'est aussi une couleur macabre, celle de la décomposition cadavérique. Macabre mais synonyme de vie et de vigueur, voilà qui est à tout le moins fascinant - comme dans le Blanc, où l'on trouvait mêlées les s

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