Point besoin de finasser, Manuela Draeger c’est Antoine Volodine. L’auteur ne s’avance pas ici masqué d’un hétéronyme de plus, tous ceux qui prennent plaisir à ses livres savent que Manuela Draeger a donné plusieurs textes à l’École des Loisirs, éditeur pour la jeunesse, avant de publier Onze rêves de suie(L’Olivier, 2010). Avec Herbes et golems, Manuela Volodine ou Antoine Draeger collaborent à nouveau.
Il y a longtemps que nous n'avons pas eu un Qu'est-ce que la littérature ? Peut-être parce que la question n'est plus au concours, la fiction s'est métissée de virtuel, les livres se réduisent à un pitch et à quelques géolocalisations. Depuis ses débuts, Volodine n'a pas changé de système, il n'a jamais été dans la même économie , ni exactement dans le même temps. Ses livres, en excès ou en manque, sont des objets énigmatiques comme une écriture inconnue, en même temps que plongés dans un monde déréalisé. Sa seule ambition est de publier des samizdats qu'il aurait ronéotés la nuit sur la vieille machine d'une organisation politique dissoute, et de glisser ses inventions vertigineuses dans la poche de quelques-uns.
Cauchemars. Sa clandestinité, son goût des masques n'est ni posture, ni même imposture - il vit comme une taupe kafkaïenne -, mais simplement le constat que l'identité n'a rien à voir avec les cartes, et l'écriture avec ce que la grammaire appelle le pronominal. Il a baptisé ce monde post-exotisme, un temps après la littérat




