En ce 1er juillet 1962, jour du référendum sur l'indépendance algérienne, il prit ostensiblement un bulletin «oui» sans même entrer dans l'isoloir. C'était pour Jacques Chevallier, ancien maire libéral d'Alger et anticolonialiste convaincu, l'aboutissement d'un long combat. Mais ses rêves d'une Algérie libre et souveraine «où vivraient côte à côte tous ses enfants» se sont vite fracassés sur la réalité de la dictature du FLN et du parti unique. Lui-même, à la fin, dut partir comme le million de pieds-noirs dont, au début, il espérait le retour.
Arrivé en Algérie à l'âge de 11 ans avec sa mère, Américaine de Louisiane, et un père descendant de Français installés en Algérie depuis deux générations, Chevallier «fut l'homme qui voulait empêcher la guerre», comme le rappelle José-Alain Fralon dans la belle biographie qu'il lui consacre. «Honorable correspondant» des services secrets gaullistes à Washington pendant la Seconde Guerre mondiale, élu triomphalement maire d'Alger en 1953, puis ministre du gouvernement de Pierre Mendès France, Chevallier espéra longtemps casser la spirale de la violence et isoler les extrémistes. Une bataille qui était aussi celle d'Albert Camus, même si les deux hommes n'ont jamais accroché.
Honni par les ultras, sacrifié par De Gaulle, victime d’un plasticage, il fut néanmoins celui qui réussit à empêcher une apocalypse finale en juin 1962, négociant à l’arraché un compromis entre l’OAS, qui voulait détruire Alger,




