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Libération
Critique

Roman Le Garçon qui voulait dormir

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Publié le 11/07/2012 à 19h46

Tous l'appellent «le garçon du sommeil». Adolescent plongé dans une incoercible léthargie, Erwin est transporté de bras en bras par les rescapés des camps de la mort traversant l'Europe, en direction de Naples, d'où partent les bateaux clandestins qui les emmèneront vers une Palestine encore sous mandat britannique.

Les quelque vingt romans du grand écrivain israélien Aharon Appelfeld, auteur hanté par la Shoah, parlent tous de son enfance, pendant la guerre en Bucovine roumaine, de la déportation, de son évasion du camp, de la vie dans la forêt. Le garçon qui voulait dormir est peut-être le plus poignant d'entre eux. Bref et dense, c'est un récit total sur l'après et la survie avec les fantômes. Dormir pour Erwin n'est pas une fuite, mais un retour, une plongée dans la vérité. Dans le monde des rêves il retrouve les siens et, surtout, sa langue, le yiddish, qui était celle dans laquelle écrivait son père à l'époque où il tentait d'être romancier.

Erwin, comme Aharon Appelfeld lui-même, fera le choix de l'hébreu, cette langue du culte, revenue à la vie pour devenir celle d'Israël. «Des mots arrachés aux livres anciens pour les balancer dans les champs et les rues bruyantes», écrit le romancier. La Terre promise n'est pas celle où coulent le lait et le miel. Le livre raconte la difficile arrivée d'Erwin comme des autres immigrants, l'éreintant travail aux champs, la formation militaire, la guerre de 1948 et la blessure dès son premier combat qui lui f

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