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portrait

Richard Millet. Soldat perdu

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Réac suicidaire, cet éditeur, confirmé chez Gallimard, fait l’éloge de Breivik, tueur norvégien et suprémaciste blanc.

Richard Millet. (Jérôme Bonnet pour Libération)
Publié le 05/09/2012 à 19h06

Richard Millet (photo Jérôme Bonnet pour Libération)

Il a déjà réservé une place aux côtés de sa mère dans le cimetière de Viam, en sa terre natale de Corrèze. Précaution pas inutile pour un homme qui a déclaré la guerre à l'humanité, à lui-même aussi, et dont la démarche se radicalise de jour en jour. Ses propos hallucinés sur les races et les ravages du multiculturalisme relèvent sans doute davantage de la maison de repos que de poursuites pour incitation à la haine raciale. L'auteur de l'Eloge littéraire d'Anders Breivik veut «être un écrivain jusqu'au bout», il semble prêt au sacrifice, du moins en paroles. Mais au nom de quoi, et pourquoi ? Ces questions ne mériteraient pas d'être posées si Richard Millet n'avait été un homme de qualité, installé dans ce cœur de la littérature qu'est le comité de lecture de la maison Gallimard, auteur lui-même de jolis romans où n'a pas toujours transpiré cette haine de l'autre. Or voilà qu'il se met à vomir : «Il est évident que nous vivons au milieu d'ordures. De l'ordure littéraire, artistique, musicale, cinématographique, architecturale.» Il dit ne pas chercher le scandale ni même le débat. «Ne dialoguant pas, ne débattant pas, j'entends, moi, me soustraire par la seule affirmation de ce que je suis.» Eh bien, écoutons.

Dans son bureau d’éditeur au plafond bas, rue Gaston-Gallimard, Millet fait face à des piles de manuscrits que, plus tard dans la conversation, il comparera aux sacs de sable à l’abr

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