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Libération
Critique

L’amour souverain

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François-Joseph et Sissi, Nicolas II et Alexandra… Onze couples royaux approchés par un historien.

Publié le 14/09/2012 à 19h07

«Courage à Louis XVI qui n’a pas démérité, et qui dirige le royaume depuis tant d’années dans un engagement désintéressé.» Si Marie-Antoinette avait eu un compte Twitter, peut-être eut-elle envoyé ce message aux représentants du tiers état à la veille des états généraux.

Après des années de frivolités, de dépenses et d'activités brouillonnes, la reine de France commençait à réaliser, en ce début d'été 1789, la faillite de l'Etat monarchique. Et, alors que le monarque s'enfonçait dans une dépression apathique, la «tête à vent» de Trianon se muait en calculatrice déterminée qui, pendant près de quatre ans, allait batailler pied à pied pour sauver les bribes de sa couronne.

C'est l'histoire de ce «binôme» politique et de dix autres que raconte Jean-François Solnon dans les Couples royaux dans l'histoire, le pouvoir à quatre mains. Le livre n'est pas le récit des règnes des régentes, chefs d'Etat en jupons ou favorites : il ne cite ni Cléopâtre, ni Mme de Pompadour, ni Margaret Thatcher. Cantonné dans son rôle d'historien, il fait également l'impasse sur les turbulences anecdotiques entourant les Jacky, Carla, Cécilia et autres premières dames. Mais il analyse en détail ces rares moments où le pouvoir fut partagé à quasi-égalité entre le souverain ou la souveraine et son conjoint. Tels Justinien et Théodora, empereurs de Byzance, pour une plongée dans l'histoire ancienne, ou Charles VI le roi fou et Isabeau de Bavière, «qui vendit le royaume aux An

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