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Libération
Critique

Long temps de la colonie

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La fresque partagée de l’Algérie française (1830-1962)

Publié le 07/11/2012 à 19h06

Publié à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, ce gros livre est d’abord un événement éditorial. Fruit d’une équipe franco-algérienne, il paraît simultanément sur les deux rives de la Méditerranée, symbole d’une histoire qui se veut «partagée et critique». C’est ensuite un modèle d’organisation. Tout en mobilisant plus de 80 spécialistes (français et algériens pour l’essentiel, mais aussi nord-américains, britanniques, allemands), il offre une «vaste fresque synthétique», à la fois très informée et accessible au plus large public. La centaine d’entrées retenues (événements, contextes, lieux, acteurs, etc.) s’insèrent dans quatre grandes séquences chronologiques, qui découpent à parts égales les cent trente-deux années séparant la prise d’Alger (1830) des accords d’Evian en 1962. Rompant avec une production historiographique trop longtemps centrée sur la seule guerre d’Algérie (qu’avec Sylvie Thénault, il est plus juste d’appeler la guerre d’indépendance de l’Algérie), le choix du temps long permet de saisir les principales lignes de force de cette rencontre entre deux nations et deux histoires.

Brutalité. C'est le cas notamment de la violence de guerre, que l'on ne peut nullement limiter aux massacres, tortures et règlements de comptes (bien réels par ailleurs) de la période 1954-1962. La brutalité militaire fut présente dès le début de la conquête en 1830 : l'armée française se déchaîna en Algérie, pilla,

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