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Libération
Critique

Dans le labyrinthe du visage étranger

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La globe-trotteuse Stéphanie Ledoux dévoile son carnet de voyage.

Publié le 16/11/2012 à 19h07

Un fusain, du papier, un pinceau et une boîte d'aquarelles. Tels sont les outils de Stéphanie Ledoux, ex-ingénieure agronome devenue globe-trotteuse et qui dévoile, dans Portraits de voyage, son regard sur l'autre. Son truc : se glisser dans le creux des saisons et, sans hâte, dessiner ceux qu'elle rencontre à Rangoun (Birmanie) ou à Tananarive (Madagascar). Tantôt ça tourne mal, il faut fissa ranger son matériel et s'éclipser ; tantôt, des gamins espèrent se faire croquer par cette gracieuse Européenne, et «se métamorphosent en statues solennelles».

A chaque pays ses états d'âme, qu'il s'agit de comprendre à l'improviste. Le voyage se nourrit de bonne humeur, sinon autant rester chez soi. Stéphanie Ledoux, justement, attend l'échange réciproque. Fait prendre la pause. La main prend son temps, le trait s'ajuste sur le papier bavard et trouve sa voie dans le labyrinthe du visage étranger. Voici la bouille ronde de Zanny d'Antsirabe. Ou la silhouette féodale de Saalah Hussein, s'imposant sur la place Bab el-Yemen à Sanaa, longue tunique blanche et jambiya à la ceinture, un poignard traditionnel tout droit sorti de Jules Verne.

Plus que la photographie, le dessin auréole la réalité, et la projette dans l’imaginaire à la vitesse de l’éclair. C’est l’instant zen, quand le passé s’accorde au futur. Mélange des coutumes, méli-mélo des costumes et des senteurs, qui offrent au lecteur un éventail de couleurs dont l’archipel Vanuatu, dans le Pacifique, est l’u

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