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Philip Roth suspend sa tâche

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Littérature. Après avoir signé 31 romans, l’auteur américain bientôt octogénaire a officialisé dans le «New York Times» sa décision d’arrêter d’écrire de la fiction.

ParFabrice Rousselot
Correspondant à New York
Publié le 19/11/2012 à 20h06

A l'automne 2010, lors d'une rencontre avec Libération, Philip Roth avait mis de longues minutes à répondre à une question sur son travail au quotidien. «Ce qui me motive, c'est la tâche qui est devant moi, expliquait-il. Faire évoluer le concept de départ, dévoiler une chose puis une autre. Je viens de finir un nouveau livre, Nemesis, qui raconte l'épidémie de polio qui a frappé Newark [sa ville natale du New Jersey, ndlr], en 1944. Je n'avais jamais écrit sur la polio, qui était perçue comme une grande menace sur les enfants en ce temps-là. C'est donc mon point de départ. Après, il faut construire autour pour que le sujet se mette à vivre. C'est quelque chose qui m'intéresse profondément. Qui m'excite, même.»

Là, confortablement installé dans son appartement new-yorkais, Roth s'était arrêté un moment avant de reprendre. «Mais ce qui m'est le plus difficile, c'est de commencer à écrire. C'est terrible. Parce que souvent, vous n'avez presque rien comme matériel. Alors, vous essayez, et la plupart du temps, vous vous trompez. Vous écrivez vingt ou trente pages, mais elles ne sont pas bonnes. C'est très frustrant, c'est un combat ardu.» A l'époque, Philip Roth n'en avait rien dit, mais il songeait déjà à mettre un terme à sa longue et prolifique carrière. Et ce week-end, dans une interview au New York Times - dont il affirme que c'est sa dernière -, l'un des monuments de la littérature américaine a confirmé ce que beaucoup appréhenda

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