Heureusement, le succès n’a pas changé Pentti Sammallahti, qui ne cherche pas la respectabilité. La France, et l’Institut finlandais qui l’accueillit pour sa première exposition parisienne en 1996, lui ont porté chance. Le revoici dans la capitale française pour son vernissage à la galerie Camera Obscura (1) : il rit et se tient la tête à deux mains à chaque question, c’est une vieille habitude.
Le titre de son nouveau livre, Ici au loin, ça veut dire quoi ? C'est extrait d'un poème japonais, mais non, il ne connaît pas l'auteur, ça date du XVe siècle, peut-être, c'est trop bête, il a oublié la référence chez lui. Ça peut attendre ?
Manie. Exit le poète inconnu, et bienvenue à la lumière du Grand Nord, à la source de l'œuvre de Sammallahti, né en 1950 à Helsinki. «Un Finlandais adore quand il pleut, quand il grêle et quand il fait si noir qu'on dirait la nuit.» C'est ce qu'il avait confié à la première rencontre, et il en reparle aujourd'hui, comme si on avait pu oublier. C'est justement dans cette quête constante du blanc au noir, spectre si généreux, que Sammallahti s'est construit, maîtrisant l'art du tirage jusqu'à la perfection. Quand il photographie une grenouille ou un chien, l'impression est si forte qu'on entend le coassement ou l'aboiement. Mais il n'est pas un homme-grenouille, non, même s'il a la manie bizarre d'appâter les chiens avec des sardines. Le chien est l'animal qu'il a le plus photographié, il paraît qu'il y e




