On connaît le romancier d'Aziyadé. Les éditions Bleu Autour avaient déjà rendu justice au dessinateur en publiant ses croquis et aquarelles de voyage. Maintenant, elles s'occupent du photographe, peut-être l'une des facettes les plus intrigantes de cet artiste prolifique. Marin et grand voyageur, de la Terre sainte à l'Inde, l'Indochine, la Perse, Pierre Loti a accumulé entre 1894 et 1907 un millier de clichés dont plus de la moitié figure dans cet ouvrage. Il n'est pas un génie dans la composition de l'image, mais ces plaques témoignent de l'évanescence des choses. Aujourd'hui envahies par la ville, les murailles de Jérusalem se dressent somptueuses sur la pierraille des collines où paissent des ânes. A Bénarès, la ville sainte de l'Inde au bord du Gange, il est fasciné par le «mélange et le frôlement des nudités superbes» comme par l'intensité du sentiment religieux qui étouffe «toute pensée charnelle». Les ruines de Persépolis, ces «colonnes monolithes étonnamment sveltes et hardies qui devaient supporter jadis les plafonds de cèdre de prodigieux palais», inspirent des compositions presque mystiques. Entre ses photos, ses récits de voyages et ses romans, le chassé-croisé de l'inspiration est constant. C'est particulièrement évident pour «Istamboul», la ville qu'il chérissait entre toutes. A l'époque, elle comptait un demi-million d'habitants à peine. On y voit des yali, maisons de bois au bord du Bosphore, des jardins, des parc
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ParMarc Semo
Publié le 12/12/2012 à 19h17
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