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Jean-loup Chiflet, plaisant plaisantin

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Ce disciple de Vialatte et Ponge publie le «Dictionnaire amoureux de l’humour», soixantième livre de ce réservoir à blagues.

Jean-Loup Chiflet. (Fred Kihn)
Publié le 25/12/2012 à 19h06, mis à jour le 27/12/2012 à 14h34

C'est un artisan exquis, amoureux des pleins et des déliés, en couple avec la plaisanterie depuis quarante ans, mais qui a longtemps travaillé en grande série. Il est entré dans la carrière en 1979 en pondant la Théière de Chardin. Puis sont venus en vrac Antigone de la Nouille, perles de librairie où l'on trouvait : «Avez-vous Thérèse Ramequin en rayons ?» Pour son soixantième bouquin, Jean-Loup Chiflet s'est mis au lit à 21 heures et à la cuisine au beurre pendant trois ans pour démouler un impeccable dictionnaire amoureux de l'humour. «Pour la première fois, il s'est mis à travailler. Pas d'improvisation sur ce bouquin. C'est un sprinteur qui vient enfin de terminer le marathon», explique l'écrivain Jean-Louis Fournier.

Nul ne connaît mieux l'humour, le non-sens et la plaisanterie que Chiflet. On lui a répété qu'il gâchait son talent dans un taylorisme de la bonne blague : «C'est vrai que longtemps j'ai fait "pirouette-cacahuète"», confesse-t-il. La légende veut que ce fils de grands bourgeois lyonnais débute dans le métier par accident, chez Hachette pour acheter les droits étrangers d'auteurs anglo-saxons : «Surtout parce que j'étais le seul qui parlais anglais qu'ils ont pu trouver à l'époque. C'était des années merveilleuses, celles d'un aimable imposteur, passées autour du monde à vendre Babar.» L'homme qui vendit Babar représente deux vieilles attaches françaises : la province et le catholicisme. Mais il s'est dét

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