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Libération
Critique

Sauvé du tiroir de la mort

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Débuté en 1943, enterré et enfin exhumé, le roman de Dinu Pillat met en scène de jeunes fascistes roumains

Publié le 09/01/2013 à 19h06

C'est un livre qui n'aurait jamais dû être publié. Enterré dans les archives de la Securitate, la police politique, il était toujours considéré comme disparu même quand elles furent ouvertes après le renversement du régime communiste. «Le plus étonnant dans le cas du roman En attendant l'heure d'après, c'est sa biographie qui entretient une étrange relation avec le titre lui-même», résume dans la postface le philosophe et ancien dissident Gabriele Liiceanu, qui l'a publié dans sa maison d'édition Humanitas, juste après qu'un chercheur a retrouvé par hasard le dossier avec l'une des deux copies dactylographiées du manuscrit. «Il a son heure d'après, celle où il ressuscite après que le temps de l'histoire, qui l'avait fait naître puis l'avait condamné à mort, atteint son terme», écrit le philosophe, qui ne cache pas son émotion face à ce qu'il considère être «la plus bouleversante biographie de livre de toute l'histoire du roman roumain».

Roman psychologique mais aussi roman politique, ce livre au destin mouvementé a été commencé en 1943 par un jeune et prometteur intellectuel de bonne famille, Dinu Pillat. Il le continua clandestinement pendant les années les plus noires du communisme et l'acheva en 1955, sans aucun espoir de le voir un jour publié. Son thème sentait pour le moins le soufre : il met en scène une certaine jeunesse roumaine de l'entre-deux-guerres qui, par rejet du vieux monde bourgeois, milita dans le mouvement fasciste «Légi

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