Menu
Libération
Interview

«J’ai tout de suite aimé rire avec lui»

Réservé aux abonnés

Sujet d’un de ses livres, François-Marie Banier connaissait Jean-Marc Roberts depuis les années 70 :

Publié le 25/03/2013 à 22h16

François-Marie Banier est un vieil ami auquel Jean-Marc Roberts a consacré en 2011 un livre, François-Marie (Gallimard). Il se rappelle leur rencontre et évoque un écrivain attendrissant :

«C’est Louis Aragon qui l’a amené, un jour pour déjeuner, rue Servandoni. C’était au début des années 70, du temps de son premier livre. J’en avais déjà publié deux ou trois. Aragon l’aimait beaucoup, beaucoup. Jean-Marc était déjà dans son duffle-coat - je l’ai connu toute sa vie avec un duffle-coat -, cette broussaille de cheveux noirs, ces yeux marron comme si c’étaient des pierres, cette sorte d’impatience et d’exaspération face à un monde trop grand.

«Il était marié à une très jolie femme nommée Pamela, qui avait des yeux nostalgiques. J’ai tout de suite aimé rire avec lui. C’était un enfant et il a toujours voulu rester cet enfant un peu forcé, qui en même temps a dû se battre avec la vie, avec toutes les obligations d’un père de famille et d’un mari multiple. J’adorais son attitude avec ses enfants, qu’il aimait tant, ce rôle de père, lui qui en avait tant manqué. Il avait beaucoup de mal à sortir du square.

«Comme écrivain, il avait une grande intuition, un talent qui rappelait un peu René Crevel, mais il était cloué par une flèche empoisonnée qui s’appelait lucidité. Il écrivait très vite, car il avait peur de Dame Littérature, toujours effrayante lorsqu’on va sous ses jupons. Il ne voulait pas y aller, passer la porte ni être pris les doigts dedans. Dans le livre qu’il m’a

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique