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Critique

L’histoire à tous les temps

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Les interrogations sur le rôle public de la discipline, le présentisme et la mémoire

Publié le 24/04/2013 à 19h06

L'histoire n'est plus ce qu'elle était. Jusqu'aux années 80, comme tout au long du siècle précédent, elle représentait une sorte de tribunal suprême et, selon la formule consacrée, l'on s'en remettait volontiers à son jugement. Le grand dictionnaire Larousse de 1876, somme du savoir positiviste et républicain, clamait : «L'histoire est devenue pour ainsi dire une religion universelle.» «Nous ne connaissons qu'une seule science, la science de l'histoire», écrivaient déjà quelques années plus tôt Marx et Engels dans l'Idéologie allemande. L'Histoire s'éclairait du soleil de l'avenir qui donnait son sens aux événements du présent, et comme le rappelait François Furet (lire ci-contre) l'illusion communiste incarna par excellence «l'investissement total dans l'histoire pour réaliser le salut de l'humanité et le salut de l'homme». Mais aujourd'hui l'histoire, sans grand H mais «avec sa grande hache», selon l'expression de Georges Perec, vacille de son piédestal. D'où les interrogations de ceux qui l'étudient, comme en témoigne l'avalanche de récents livres sur le sujet.

Dominés. «Dans un temps assez proche encore, le simple énoncé du terme Histoire (avec majuscule) valait explication : l'Histoire veut, juge, condamne. Aujourd'hui quoique sur un mode différent, la Mémoire est devenue ce maître mot qui dispense d'en dire plus : elle est un droit, un devoir, une arme», analyse Françoi

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