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Critique

Pourfendeur d’illusion

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La vie de l’historien François Furet

Publié le 24/04/2013 à 19h06

Plus que tout autre, il fit bouger le débat intellectuel français de la seconde moitié du XXe siècle. Homme de convictions successives, le grand historien François Furet fut un fervent communiste jusqu'au milieu des années 50 avant de prendre ses distances, sans pour autant passer à droite mais obligeant la gauche à remettre en cause nombre de ses mythes. «Son indépendance d'esprit et une certaine propension à la provocation ont parfois encouragé François Furet à refuser toute allégeance, y compris à son camp, et à préférer lui apporter le doute plutôt que le repos», note Christophe Prochasson, lui-même historien, dans la biographie qu'il consacre à cet intellectuel profondément marqué par les utopies et les tragédies d'un siècle, le XXe, «où s'est manifestée un peu partout l'idée entièrement fausse qu'il y a une rédemption terrestre de l'humanité». Il n'y croyait plus. D'où cette mélancolie qui, comme une basse continue, parcourt l'œuvre d'un universitaire qui, selon la formule de son ancien élève Ran Halevi, «fut pour la gauche ce que fut Raymond Aron pour la droite : un critique éclairé et sans complaisance que le camp adverse aimait lire».

Archives.«La mélancolie de Furet, comme celle de ses modèles intellectuels est faite de cette indépassable contradiction : il convient de changer le monde mais de ce changement ne naîtront guère que d'autres épreuves», écrit Christophe Proch

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