En juillet, cela fera vingt ans que le poète, chanteur, anar aux cheveux blancs, Léo Ferré est mort. Quelques mois seulement après le décès de sa seconde femme, Madeleine, avec laquelle il partagea sa vie entre 1950 et 1973. «Pendant vingt et un ans, il fut marié avec ma mère, Madeleine. Pendant dix-sept ans, ils furent aux genoux l'un de l'autre», écrit Annie Butor, la belle-fille de Léo. A l'occasion du 20e anniversaire de la mort du compositeur d'Avec le temps, deux ouvrages reviennent sur la vie de ce monument de la chanson française.
Tout d'abord un «dico Ferré». Après une biographie remarquée (1), Robert Belleret tente de revisiter le parcours du chanteur-poète en empruntant «des chemins de traverse, buissonniers de préférence, qui conviennent particulièrement à la personnalité frondeuse du sujet, compagnon de doute des anarchistes», explique-t-il au début de l'ouvrage. Ce dictionnaire «non académique», mêlant noms propres et noms communs, concepts et anecdotes, tente d'approcher la vérité ou «les vérités» de Ferré. De «A», comme amant, amour ou anarchie, jusqu'à «Z» comme le groupe Zoo, tout y passe. «B» comme Barclay, son «boss», ou Brel, avec qui les rapports n'ont jamais été très amicaux. «C» comme chien - «je suis un chien», gueulait-il. «D» pour Dieu : «Et si vraiment Dieu existait, […] il faudrait s'en débarrasser», chantait l'auteur de Ni Dieu ni maître. «E» renvoie inévitablement




