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Libération
Critique

Liberté, égalité, complexité

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27 historiens s’attaquent à la vision lénifiante de la IIIe République longtemps érigée en modèle

Publié le 22/05/2013 à 19h06

Depuis une trentaine d'années, les références aux «valeurs» ou aux «principes» républicains se sont multipliées sur la scène politique. La République, en France, est devenue une sorte d'«étalon indépassable» de la démocratie que l'on invoque lorsque rien ne va plus ou que l'on manque d'inspiration. C'est sur cette étrange construction, ses formes, ses institutions et ses «boîtes noires», que se sont penchés les 27 historiens réunis dans ce livre collectif.

La focale, à juste titre, s'est centrée sur la IIIe République, période durant laquelle s'élabore ce que l'on va ensuite considérer comme «le modèle», et plus encore sur les années 1880-1905, celles de l'école de Jules Ferry, de la caserne pour tous, de la laïcité et de «la plus grande France».

L'objectif n'est évidemment pas d'écrire un nouveau livre noir. On sait depuis longtemps que cette République ne fut pas plus morale qu'une autre (pots-de-vin et passe-droits nourrirent des scandales à répétition), qu'elle ne brilla ni par les droits sociaux, ni par ceux accordés aux femmes. On sait aussi qu'elle dérogea au principe de l'universalisme en institutionnalisant outre-mer «la distinction entre sujets et citoyens», qu'elle favorisa des lectures ethniques, voire racistes du social, qui firent le lit de Vichy. Mais c'est tout l'intérêt de ce livre de ne pas verser dans des postures dénonciatrices, trop souvent anachroniques.

De solides mises au point montrent au

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