Par l'audace de ses idées, et la critique qu'elle contient de la religion révélée, de la superstition, de la fausse piété des dévots, sa première œuvre originale, les Pensées philosophiques, bien que publiée sous le manteau, fait grand bruit. Trop, sans doute. Par décret du 7 juillet 1746, le Parlement de Paris ordonne qu'elle soit lacérée et brûlée en ce qu'elle «présente aux esprits inquiets & téméraires le venin des opinions les plus criminelles & les plus absurdes dont la dépravation de la raison humaine soit capable ; & par une incertitude affectée, place toutes les Religions presque au même rang, pour finir par n'en reconnoître aucune». La parution, clandestine elle aussi, des Bijoux indiscrets, conte libertin, puis de la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient (1748), inspirée d'une philosophie matérialiste et résolument athée, n'arrangera pas les choses : démasqué, l'auteur - «un jeune homme qui fait le bel esprit et se fait trophée d'impiété, très dangereux ; parlant des saints Mystères avec mépris», lit-on sur sa fiche de police - est incarcéré trois mois au château de Vincennes. Il y recevra la visite de Jean-Jacques Rousseau, alors son ami.
On célèbre cette année le 300e anniversaire de la naissance, à Langres (actuelle Haute-Marne), de Denis Diderot, le «Philosophe» par antonomase, le maître-artisan de cette Encyclopédie qui compte parmi les legs les plus précieux de l'ère d




