Dans l’incroyable force de ce livre, il y a sûrement la complexité des personnages et les surprises du récit, jusqu’à l’impensable fin, pourtant évoquée très tôt, mais oubliée par le lecteur. Mais quoi encore ? On pourrait dire que Bonita Avenue commence comme un roman de campus, continue comme un thriller psychologique et finit comme un roman noir. On pourrait aussi dire que c’est un roman d’apprentissage, sauf que, en l’occurrence, il s’agit plutôt de désapprentissage.
Quand l’histoire commence, on fait la connaissance de Siem Sigerius, recteur d’une université néerlandaise, mathématicien surdoué, amateur de jazz et ancien champion de judo. Il y a aussi sa femme, Tineke, Joni et Janis, les deux filles postadolescentes que Tineke a eues d’un précédent mariage et que Siem a élevées. Enfin, il y a Aaron, photographe, judoka et petit ami de la brillante et ravissante Joni, et Wilbert, le fils aîné de Sigerius. Jusque-là, on lit la chronique d’une famille heureuse, cultivée, vivant dans l’aisance matérielle et culturelle, belle maison, bons restaurants et voyages en Californie.
Un incendie dans l’usine de feux d’artifice voisine déclenche une explosion en chaîne dans ce monde policé et protégé. Le lecteur, fasciné, va assister à l’éclatement d’une famille, à la chute d’un homme qui personnifiait l’autorité morale et sociale, aux dérapages d’une jeune femme dont la beauté, l’éducation et l’intelligence semblaient promettre un avenir radieux.
Au centre du roman, les relations




