Menu
Libération
Critique

Goffman sur la place publique

Réservé aux abonnés

Le dernier ouvrage non traduit du sociologue américain

Publié le 19/06/2013 à 19h06

Téléphone mobile, mail, messagerie instantanée, vidéoconférence, réseaux sociaux : à chaque apparition d'une nouvelle technologie de communication et, surtout, des usages individuels et collectifs qu'elle inaugure et institutionnalise, on s'est immédiatement surpris à penser à Erving Goffman, aux concepts lumineux qu'il n'aurait pas manqué de forger pour rendre compte d'interactions sociales jusque-là totalement inédites. Las, l'immense sociologue du microsocial est mort trop tôt, à 60 ans en 1982. En à peine plus de vingt ans, entre la fin des années 50 et le début des années 80, il aura publié une douzaine de livres majeurs, tous considérés comme des classiques de la sociologie et devenus pour certains, lors de leur parution, des best-sellers comme la discipline n'en produit quasiment jamais, à l'instar de son premier ouvrage, la Présentation de soi dans la vie quotidienne, vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires.

Terrain. C'est à Robert Castel qu'on doit, en 1968, l'introduction en France de l'œuvre singulière et décisive de Goffman. Avant même la parution de ses propres travaux sur la psychiatrie, le sociologue disparu récemment (Libération du 13 mars) avait convaincu Pierre Bourdieu d'accueillir Asiles dans sa collection des Editions de Minuit, «le Sens commun», le livre que Goffman tira de son enquête de terrain au Saint Elizabeth's Hospital de Washington DC et dans lequel il proposait notamm

Dans la même rubrique