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Critique

Deux mille ans de bitures

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Chez les Gaulois, Rabelais ou au XXIe siècle : tous des buveurs, mais pas du même tonneau.

Publié le 28/06/2013 à 19h06

On se souvient de son ouvrage sur la cigarette, Histoire d'une allumeuse (Payot, 2010). Après le tabac, l'alcool. Didier Nourrisson poursuit son voyage dans les petits vices de l'humanité en retraçant l'histoire de l'ivrognerie depuis deux mille ans. Une histoire sans fin car «boire est à la fois un acte d'identité - pour s'affirmer en s'affichant - et un acte de conformité - pour s'intégrer en ingérant», écrit l'historien.

Crus et cuites, histoire du buveur : le titre est au passage un clin d'œil au célèbre essai de Claude Lévi-Strauss, le Cru et le Cuit. Cette rétrospective permet de revenir sur certains clichés. Tout d'abord celui du Gaulois, qui n'est pas le «pochtron» amateur de cervoise qu'on se représente. Dans cette image d'Epinal, «tout ou presque est fallacieux et repose sur les témoignages douteux des vainqueurs romains», relayés par les historiens du XIXe siècle (Henri Martin, Jules Michelet…) et perpétrés au XXe siècle dans les albums des pères d'Astérix, René Goscinny et Albert Uderzo.

Au Moyen Age, le vin se bonifie à l'ombre des monastères, il «oscille désormais entre le cru et la cuite», et se met à la table des seigneurs. C'est à cette époque que naît l'image de l'ivrogne, fermement condamné par l'Eglise. Avec la Renaissance, changement de décor, le breuvage fait son entrée en littérature ; il est célébré par Rabelais et Ronsard. De nouveaux lieux s'ouvrent pour le consommer : cabaret

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